Mercredi 15 mars 2017
Femmes en TI par Caroline Codsi

On me demande souvent d’où m’est venue cette passion pour l’égalité entre les hommes et les femmes qui m’a amenée à créer un OBNL en 2010, avec la mission de faire la promotion de cette cause. Je réponds que la source de cet engagement était mon désir de faire évoluer mes connaissances à propos des mécanismes d’ascension et d’accès à des postes décisionnels, et surtout, de partager ce savoir avec d’autres femmes.


À la suite d’une formation en gouvernance en 2009, j’ai rapidement réalisé que l’accession à des conseils d’administration (CA) n’était pas aisée, même pour une femme comme moi, qui occupait un poste exécutif depuis plusieurs années. Je cherchais en vain à cette époque une plateforme de réflexion, d’inspiration et d’entraide sur ce thème. Sachant bien que je n’étais pas la seule dans cette situation, j’ai donc pris l’initiative de mettre sur pied une première rencontre, le 3 mai 2010, réunissant quelques femmes pour parler de mon projet ; je me suis retrouvée dès le premier événement avec 150 inscriptions ! Le besoin était donc encore plus criant que je ne le pensais.

Fortement encouragée par le groupe, j’ai décidé d’adopter officiellement la cause et de la baptiser La Gouvernance au Féminin. Au fil du temps, je me suis entourée d’une équipe de plus en plus performante, jusqu’à avoir, en 2017, le plaisir d’être entourée de 55 bénévoles profondément engagés sur quatre comités. Le succès est au rendez-vous et se traduit notamment en de prestigieux conférenciers locaux et internationaux qui prêtent leur nom et leur voix à la cause, des événements immanquablement à guichets fermés et une communauté en ligne de plus de 33 000 personnes.

Les initiatives de l’organisation se sont multipliées et un robuste programme de mentorat fut lancé en janvier 2015, s’adressant aux femmes de 35 ans et plus qui sont déjà dans un poste de direction et qui aspirent à la haute direction. Nos mentors (hommes et femmes) aident les mentorées à percer le plafond de verre et à atteindre leurs objectifs avec confiance et conviction.

En mai 2017, l’organisme lancera la certification « parité », une sorte d’ISO de l’égalité hommes-femmes dans les entreprises. Nous allons, en effet, prendre non seulement les mesures de la parité dans les organes décisionnels des compagnies, mais également à chacun des niveaux hiérarchiques. C’est le seul moyen de nous assurer que les entreprises canadiennes mettent en place les mécanismes nécessaires pour permettre aux femmes de faire évoluer leur carrière sans plafond de verre ni plancher collant. Ceci nous assurera d’avoir un bassin de talent féminin disponible et prêt à relever les défis qui, jusqu’à présent, étaient trop souvent réservés aux hommes.

Si les choses ont grandement évolué pour les femmes au cours des cinquante dernières années, on n’en est encore à ce jour qu’à 15,9 % de femmes dans les conseils d’administration au Canada selon Catalyst et à 5 % de femmes PDG.

Le fossé continue à être énorme et ma motivation à changer les choses, tout à fait proportionnelle. Ayant grandi dans la guerre civile du Liban, j’ai été témoin de profondes injustices et les femmes en étaient le plus souvent victimes. Je rêvais de vivre un jour en Occident où tout semblait dénué d’injustice, d’inégalité et d’iniquité.

Certes, le Canada représente pour moi une terre d’accueil, de paix, de sécurité et de sérénité même. Je souhaite maintenant qu’il représente aussi un modèle à l’échelle mondiale sur le plan de la parité et nous sommes encore loin du compte. Nous sommes non seulement loin derrière les pays européens comme la Norvège ou la Suède, mais nous sommes même loin derrière la France, qui frôle les 40 % de femmes dans les CA grâce à la Loi Copé-Zimmermann. La France a une Loi, me direz-vous, mais notons que nous sommes également loin derrière la Grande-Bretagne qui compte deux fois plus de femmes dans ses CA que le Canada. Ces résultats furent atteints sans quota, mais avec un « focus » continu et déterminé qui a été insufflé depuis les plus hautes instances politiques.

Le mouvement féministe est un mouvement de société. Les hommes prennent conscience du fait que la complémentarité des talents hommes-femmes renforce la performance financière des entreprises. Ils sont de plus en plus nombreux à tout mettre en œuvre pour se rapprocher de la parité, que ce soit pour des raisons d’affaires ou pour des raisons éthiques. Il est essentiel que nous travaillions à atteindre ces objectifs, main dans la main, hommes et femmes, investis de la même mission : l’atteinte de la parité au Québec et au Canada. Pour les femmes d’aujourd’hui, mais aussi pour celles de demain.

Je suis fière d’être la présidente d’honneur de l'événement Femmes en TI organisé par le Réseau ACTION TI.
Joignez-vous à moi le 7 juin 2017 pour écouter des conférences de femmes inspirantes, et participer à une séance réseautage privilégié avec des décideurs et des dirigeantes. Soyez des nôtres,  incriptions en ligne 

www.lagouvernanceaufeminin.org

Caroline Codsi, IAS.A.
Présidente Fondatrice
La Gouvernance au Féminin

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